jeudi 18 juillet 2019

Princesse blessée J'avais 5 ans, ils ont tué mon enfance. Régina Ubanatu



Merci à Babelio et aux éditions L'Archipel de cette belle découverte.

Nigeria, 1965. Mary voit le jour dans un hôpital de brousse. A 3 ans, alors que la guerre se vit au Biafra, elle est évacuée vers un camp au Gabon. La maladie et la malnutrition ont fait des dégâts: elle ne peut plus marcher. Nul ne pense qu’elle pourra retrouver l’usage de ses jambes. Pourtant, elle montre un incroyable appétit de vivre.
A 5 ans, elle s’envole vers la France : un couple s’est propose de la parrainer. Après une suite d’ope rations et des années de retraduction, une nouvelle vie commence, non loin de sa famille d’accueil, avec ses frères et sœurs blancs.
De sa première enfance, Mary n’a que des souvenirs confus. Coup de tonnerre : a 12 ans, elle de couvre que ses parents vivent toujours, qu’elle a des frères et sœurs noirs et un autre prénom, Regina. Surtout, comme elle n’est pas citoyenne franc aise, l’administration exige son retour au Nigeria, auprès d’une famille qu’elle ne connaît pas et dont elle ignore la langue.
Comment sera-t-elle accueillie? Commence un difficile et courageux retour aux sources, une que te d’identité dont ce livre offre le récit.




Mary se retrouve séparer de sa famille dans un camp d'orphelins. Elle est malade et ne peut pas marcher. A 5 ans , elle est évacuée vers la France pour être soignée.


Ce récit est une histoire vraie, écrite par Mary elle-même alias Régina.

On découvre ici les conséquences de la guerre sur les populations civiles. L'intervention d'organisation extérieures ici encadrées par des religieux et leur sentiment de bien faire alors que rien n'est simple. On retrouve les mêmes travers en France : on est dans les années 60. Régina est dans un institut de soin. Elle est juste une malade et non un être à part entière pour l'institution.

L'écriture de l'auteur est simple et belle. Elle a la simplicité de l'enfance (alors qu'elle a écrit ce récit adulte) . Régina Ubanatu nous touche avec ses mots, son analyse des événements, son courage, sa force, sa détermination à vouloir savoir qui elle est, son angoisse quand la vérité est dévoilée.

On a ici une quête d'identité permanente pour Mary . C'est dur, angoissant pour Mary de ne pas savoir qu'elle est et de trouver sa place.

Un récit plein d'émotions simples, d'une enfance perdue à cause d'une suite d'événements et l'immobilisme de certains. C'est aussi la détermination d'une petite fille puis d'un ado et adulte à aller de l'avant.


mercredi 17 juillet 2019

Le Silence du Serpent Blanc Arnaud Tiercelin



Merci aux éditions Le muscadier Collection Rester Vivant.

Depuis trois ans, dans mon pays, on a un roi. Et on ne parle plus. On ne chante plus. On n’a plus le droit. On murmure à peine quelques mots. Même les oiseaux se taisent. Depuis trois ans, la vie est si triste ici. Et puis, est arrivée Pamina. C’est une nouvelle dans ma classe. Elle est belle et avec elle, je me sens pousser des ailes. Le silence a trop duré. Je veux combattre notre roi.

Un très beau conte.

Thibault vit dans un monde où le silence est la règle. Le nombre de mots à prononcer par jour est restreins. Thibault le vit mal, l'arrivée de Pamina lui donne de l'espoir.

Ce monde de silence a quelque chose d'effrayant et de frustrant. Ces sentiments sont bien retransmis par le personnage principal Thibault.
A côté, il y a un petit goût d'interdit avec ce que se permet Pamina. Il y a aussi de l'aventure et l’envie de braver l'interdit.
On a aussi un côté merveilleux très beau.

La conclusion est simple, belle, enchanteresse.


mardi 16 juillet 2019

Deux femmes dans la tourmente Teressa Messineo



Merci aux éditions Belfond et à NetGalley de cette lecture.

Dans le brasier de la Seconde Guerre mondiale, deux amies infirmières, deux destins, une vocation : soulager, soigner. Après des années de recherches historiques minutieuses, Teresa Messineo signe un premier roman passionnant, poignant de réalisme, et un formidable hommage à toutes ces héroïnes de l'ombre.

Jo et Kay se sont rencontrées à New York au cours de leurs études d'infirmière à la fin des années 1930. Désireuses de partir à l'aventure, les deux jeunes femmes s'engagent aux côtés des Alliés. C'est là que leurs chemins se séparent.

Jo est envoyée sur le front de l'Ouest, en France, où elle doit superviser un hôpital de fortune comptant six blessés : des vies fragiles pour lesquelles elle représente le seul espoir et qu'elle entend protéger jusqu'au bout.

Kay est envoyée à Hawaï. Après une parenthèse enchantée sur les plages de sable blanc, l'attaque de Pearl Harbour signe pour elle le début du cauchemar : prisonnière des Japonais, elle est déportée dans un camp à Manille.

Dans l'horreur des corps mutilés, de la maladie et de la famine, chacune s'accroche à sa vocation, mais aussi à l'amour et à l'amitié, pour trouver le courage de supporter l'insupportable. L'espoir sera-t-il plus fort que la mort ? Que restera-t-il de leur précieux lien après ces années de séparation et de souffrance ?

Le courage de deux femmes face à l'ignominie de la guerre.

Kay et Jo sont amies et infirmières. La guerre va les séparer.

On suit en parallèle les missions de Jo et Kay. Jo est en Europe. Kay  va se retrouver prisonnière des Japonnais.
Deux destins, deux expériences de la guerre et surtout le courage de deux femmes qui vont faire face chacune à leur manière aux atrocités qu'elles vivent.

Ce roman est dur et bouleversant. On sent bien comme il n'est pas simple de vivre, survivre en temps de guerre. Le retour à la vie civile lui aussi est difficile.

lundi 15 juillet 2019

La Boulangère du Diable Hubert Huertas



Merci aux éditions L'Archipel de cette lecture.

1906. Quelques semaines après le vote de la loi sur la laïcité, dans le haut bocage vendéen, un boulanger républicain est maudit par le cure de son village. Son crime ? Avoir hébergé dans sa grange, par un froid polaire, des soldats venus faire l’inventaire des biens de l’Église. Plus personne n’achètera son pain. Il en mourra et sa compagne s’enfuira en Algérie.

Cent ans plus tard, son arrière-petite-fille, elle-même victime de la fureur islamiste en Algérie, se réfugie dans le me me village dont elle devient la boulangère. Des rumeurs l’accompagnent aussitôt, parce qu’elle est algérienne et que le village, derrière son maire, est très a cheval sur la lai cite . Mais elle n’est pas venue la par hasard. Depuis son enfance, sa grand-mère, qu’elle adorait, lui a parle d’une histoire qui a marque sa famille. Une famille vendéenne chasse e de sa région natale au de but du siècle, et dont l’arrière-grand-mère s’est réfugiée « aux colonies ».

Jour après jour, avec l’aide d’un jeune clerc de notaire, la jeune femme replonge dans l’histoire tragique de son aïeul, que extrémisme catholique a conduit au suicide. Son objectif : lui rendre justice...

A partir d’une histoire vraie, Hubert Huertas offre, avec ce suspense ancre dans nos terroirs, tout a la fois un hymne a la vie et un réquisitoire contre les fanatismes.


Secrets de famille avec des enjeux laïques et extrémistes tels sont les thèmes de ce roman.

Nadia fuit l'Algérie où elle a retrouvé sa mère assassinée dans leur boulangerie. Elle part en France d'où sa famille est originaire. Sa venue va raviver de vielles rancunes et secrets.

Il y a un petit côté policier dans ce roman pas désagréable qui nous tient en haleine.
Ce récit est tiré de faits réels. Eh bien; j'ai eu un peu de mal avec ça : comme quoi "la réalité dépasse souvent la fiction". En effet, voir ressortir des événements de plus de 100 ans , alors qu'il n'y a plus aucun protagoniste, il est difficile de comprendre comment les rancunes peuvent passer ainsi de générations en générations.
A côté de ça, le roman va loin dans la malversation : un thème bien de notre époque.

Ce roman est un mélange de présent et de passé historique : on rencontre par exemple Clemenceau.

L'histoire est bien ficelée, j'ai pourtant eu du mal à ne pas décrocher. Je pense que c'est dû au style de l'auteur et à sa manière de mêler le présent et le passé. D'habitude, je n'ai pas de souci avec cette façon de faire, ici ça n'a pas fonctionné pour moi.
Du coup, même si l'histoire est intéressante , je ressors mitigée de cette lecture.