vendredi 21 février 2020

Ici n'est plus ici Tommy Orange


Merci aux éditions Audiolib de cette écoute.



« Être Indien en Amérique n’a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. »À Oakland, dans la baie de San Francisco, les Indiens ne vivent pas sur une réserve mais dans un univers façonné par la rue et par la pauvreté, où chacun porte les traces d’une histoire douloureuse. Pourtant, tous les membres de cette communauté disparate tiennent à célébrer la beauté d’une culture que l’Amérique a bien failli engloutir. À l’occasion d’un grand pow-wow, douze personnages, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, vont voir leurs destins se lier. Ensemble, ils vont faire l’expérience de la violence et de la destruction, comme leurs ancêtres tant de fois avant eux.
Débordant de rage et de poésie, ce premier roman impose une nouvelle voix saisissante, véritable révélation littéraire aux États-Unis, où il a été consacré « Meilleur roman de l’année » par l’ensemble de la presse américaine. Finaliste du prix Pulitzer et du National Book Award, il a reçu plusieurs récompenses prestigieuses dont le PEN/Hemingway Award.

Un récit particulier sur la condition de vie de ces hommes et femmes métis qui connaissent peu leurs racines indiennes.

On suit ici 12 personnages. Au départ, c'est un peu complexe de s'y retrouver mais chacun des personnages a une personnalité bien à lui et on remet vite chaque chose à sa place.
La lecture est faite par trois lecteurs ce qui met aussi un peu de confusion au départ, surtout que j'ai eu du mal à me faire à ce qu’ici  Benjamin Jungers n’interprète  pas Jacob des "Enfants particuliers". La lecture est rythmée. On a aucun mal à accrocher.

Ce roman est dur, réaliste Il nous décrit la vie, la recherche d'identité de ces jeunes métis qui espèrent découvrir ces dernières lors du grand Pow-wow .
On découvre des jeunes désespérés qui noient leurs souffrances dans les excès en tout genre.

jeudi 20 février 2020

Lou après tout tome 3 La bataille de la Douceur Jérôme Leroy


Merci aux éditions Syros de cette lecture.

Une odyssée pré- et post-apocalyptique centrée sur le personnage d'une jeune fille.
Lou quitte Wim avec un goût amer. Dans le monde d'après l'effondrement, existe-t-il un seul endroit épargné par l'horreur ? Son dernier espoir, comme pour Amir, Cesaria et Maria : la Douceur. Lou ne sait pas encore à quel point la route pour l'atteindre sera longue.
Au même moment, dans la Douceur qui prospère depuis quatorze années, trois musiciens jouent pour la première fois la Mélodie. Cet air semble avoir un mystérieux effet sur les Cybs, mais permettra-t-il d'éviter le pire ?
Car, tandis que Lou s'approche de son ultime étape, le danger qui menace d'anéantir la Douceur s'épaissit comme une ombre...

Après avoir dévoré les deux premiers tomes de cette saga, j'étais impatiente de retrouver Lou et de découvrir la Douceur.
Quelle n'est pas ma déception !
Ce tome est très descriptif. C'est plus une énumération de faits qu'un roman. De plus le fait que ce soit un gros pavé de 550 pages n'arrange rien au sentiment d'un manque d'action.

Lou a 75 ans et nous narre ce qu'elle a vécu et découvert sur la Douceur. Il n'y a pas vraiment d'action ce qui tranche franchement avec les deux premiers opus. De plus, le récit de Lou a tendance à partir dans tous les sens. Elle le dit elle-même en disant qu'elle s'égare. On dirait une discussion plus qu'un récit organisé.

Un troisième tome qui ne m'a pas du tout emballé alors que j'avais adoré les deux précédents.


mercredi 19 février 2020

La Balance Grandeur et décadence d'un gangster Jimmy Breslin


Quand l’un des fondateurs du nouveau journalisme s’empare d’un des plus grands procès de la mafia.

Père, homme d’affaires, escroc, voleur  : Burton Kaplan est tout sauf un mouchard. En neuf ans d’emprisonnement, il n’a jamais craqué. Mais lorsque le procès des deux flics corrompus lors duquel il est appelé à comparaître débute, coup de théâtre  : Kaplan sort du silence et déballe tout sur ses activités au sein de la mafia newyorkaise, façon Les Affranchis.
Dans ce récit passionnant, le grand journaliste Jimmy Breslin, l’un des pères du Nouveau journalisme, retrace la vie, les affaires et le témoignage de Burton Kaplan, dont l’histoire est aussi celle de l’escalade puis du déclin de la mafia aux États-Unis au cours du xxe  siècle.


Un récit véridique d'un journaliste ayant assisté au procès d'un gangster mafieux.

Le roman se lit très vite grâce à des chapitres courts et beaucoup de dialogues (échanges du procès). La narration est pourtant plurielle dans ses genres, c'est assez bizarre parfois de changer de style d'écriture.
On est ici plus dans le compte-rendu que dans un roman ce qui est dommage. La vie et le parcours de Burt Kaplan est atypique , intéressant. Sa personnalité interpelle. Il pense que tout est bon à prendre, il n'a pas de regrets. On a l'impression qu'il s'amuse autant qu'il fait de bonnes affaires.
Le style d'écriture de l'auteur étant neutre et froid , on ne peut donc pas avoir de l’empathie pour le personnage.

Le récit nous permet de découvrir ce milieu : la mafia et par ce fait met à mal l'image de mafioso transmise par le cinéma.


mardi 18 février 2020

Le Réseau Alice Kate Quinn



Merci aux éditions Hauteville de cette belle découverte.

L'histoire oubliée du plus grand réseau d'espionnes de la Première Guerre mondiale.
Un an après le début de la Grande Guerre, Eve Gardiner brûle de prendre part à la lutte contre les Allemands et est recrutée comme espionne. Envoyée dans la France occupée, elle est formée par Lili, nom de code : Alice, qui dirige un vaste réseau d'agents secrets pour lutter contre l'ennemi. Trente ans plus tard, hantée par la trahison qui a provoqué le démantèlement du réseau Alice, Eve, devenue alcoolique, vit recluse. Jusqu'au jour où Charlie, une jeune étudiante qui souhaite retrouver sa cousine disparue en France pendant la dernière guerre, déboule chez elle en prononçant un nom qu'elle n'a pas entendu depuis des décennies. Leur rencontre les entraînera dans une mission visant à découvrir une vérité trop longtemps enterrée. 

Un roman intense, dur.

On suit en parallèle Charlie en 1947 à la recherche de sa cousine Rose et Ève en 1914 espionne anglaise. Charlie va rencontrer Ève et cette dernière va l'aider à retrouver la trace de sa cousine.

J'ai énormément apprécié les passages sur Ève et son rôle pendant la première guerre : un côté de la guerre dont on parle peu en littérature, l'espionnage.
Pour ce qui arrive à Charlie, j'ai eu un plus de mal au départ à m’intéresser à cette jeune femme de bonne famille qui semble faire un caprice partant seule à la recherche de sa cousine. Puis peu à peu, en apprenant à connaître Ève des années de guerre, je me suis passionnée par ce qu'elle était devenue en 1947 et pourquoi.

Un récit des plus intéressant sur la première guerre et ses femmes qui se sont battues aux côtés des hommes et dont leur vision de leur place dans la société va changer. On découvre ici des femmes d'exceptions qui se sont battues pour la liberté.

lundi 17 février 2020

Né d'aucune femme Franck Bouysse


Merci aux éditions Audiolib de cette belle découverte.


Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l’asile voisin, sous la jupe d’une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C’est ainsi que sortent de l’ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en me plongeant dans ce roman. J'ai eu tout d'abord un peu de mal à m'imprégner de l'atmosphère dans les premiers chapitres narrés par Gabriel. Dès que Rose a pris la parole, les choses ont changé et j'ai accroché à ce que je découvrais de son histoire.

Rose est une jeune fille simple, intelligente, encore un peu naïve mais elle n'a que 14 ans et est confrontée au monde des adultes. Elle va vite mûrir.
Son style, son franc parler, son vocabulaire simple interpellent. L'auteur nous décrit par ces derniers la condition de Rose tout en nous montrant que c'est quelqu'un d'intelligent. Le style dans les paroles de Rose est inhabituel, très bien fait pour nous permettre de ressentir encore plus ce que vit Rose.
Du côté de l'histoire de Rose, ce récit est une dureté incroyable, une ignominie.  On ne peut qu'être touché par cette jeune fille.

Franck Bouysse nous propose un roman fort, dur, émouvant porté par les voix de Cachou Kirsch pour les personnages féminins et de Simon Duprez pour les masculins.
Simon Duprez est la voix de John et Franck Randall dans Outlander pour ce qui connaissent la saga, je pense que vous serez d'accord avec moi : sa voix est parfaite pour les "gentils" comme les "méchants", elle a quelque chose de dramatique sans trop en faire, parfaite pour des personnages à fortes personnalités.
Tout deux ont su donner le ton adéquat à ce roman, ce récit hors normes, difficile et beau.

Un roman fort, dur à découvrir.