mercredi 4 mars 2020

La Baie des Trépassés Jacques Mazeau



Merci aux éditions de L'Archipel de cette découverte.

Le cadavre d'une femme, les yeux bandés par une culotte, échoué à l'extrême pointe de la Bretagne : ainsi commence l'enquête criminelle du commandant Melville. Et le premier suspense de Jacques Mazeau, auteur de best-sellers régionalistes (La Ferme d'en bas).
Sous une pluie battante, col relevé, tête baissée, le commandant Malville descend vers la plage de la baie des Trépassés, proche de la pointe du Raz. Bel endroit pour un assassinat – par beau temps, du moins. Dire qu'il aurait pu y emmener Julie en week-end. Mais Julie l'a plaqué. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a demandé sa mutation à Quimper.

Les hommes de la police technique et scientifique lui désignent un cadavre. Nue, sur le dos, jambes légèrement écartées, l'inconnue repose sur une couverture. Le visage boursouflé, les yeux bandés par une culotte, des ecchymoses et des éraflures sur tout le corps. Étranglée avec un filin, genre corde de piano. Enfin, détail incongru, ce tatouage sur son pubis épilé : un cœur ailé.

Crime de psychopathe ? Obscure vengeance ? L'enquête s'annonce délicate. Elle va mener Malville et Aude, sa collègue stagiaire, à s'intéresser aux musiciens des Vielles Folles, un groupe de rock breton, à des trafiquants de vidéos porno et au milieu des ligneurs, ces pêcheurs de bar qui risquent leur vie dans le raz de Sein...

Un suspense glacial et cinglant comme une tempête bretonne.

Que de suspects! Quel scénario !

Une enquête pour meurtre qui nous amène en Bretagne à la découverte d'un groupe d'amis unis par leur musique : du rock breton. Un  groupe aux moeurs dissolus, chacun est suspect.
Des personnalités hautes et en couleur, il est bien difficile pour nos deux policiers de démêler les ficelles de cette pelote aux milles visages.

De plus, nos deux enquêteurs ont aussi leurs soucis personnelles.

Une lecture rapide et fluide avec des chapitres courts qui donnent un rythme effréné comme la course à laquelle nos deux policiers sont soumis pour résoudre cette enquête.
Il y a aussi ici une pointe d'humour décalée bien appréciable avec les découvertes que l'on fait sur ce groupe. Du coup, rien n'est choquant ou presque.



mardi 3 mars 2020

L'homme qui savait la langue des serpents Andrus Kivirähk


Merci aux éditions Audiolib de cette écoute.


Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d'un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu'il aimait tant, d'une jeune fille qui croyait en l'amour, d'un sage qui ne l'était pas tant que ça, d'une paysanne qui rêvait d'un loup-garou, d'un vieil homme qui chassait les vents, d'une salamandre qui volait dans les airs, d'australopithèques qui élevaient des poux géants, d'un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu épouvantés par tout ce qui précède.
Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas scandinaves, L'Homme qui savait la langue des serpents révèle l'humour et l'imagination franchement délirante d'Andrus Kivirähk. Le roman retrace dans une époque médiévale réinventée la vie peu banale d'un jeune homme qui, vivant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l'emporter.


Un conte, un récit médiéval mêlé de magie.

Le récit oppose le traditionnel au modernisme, l'évolution à la stagnation.
Il y a ici quelque chose d'intemporel. Le récit fait réfléchir à l'évolution de vie humaine.
Il y a aussi un côté croyances avec les génies de la forêt opposé au christianisme.

Ce roman n'a rien d'un comte pour enfants bien au contraire. Il est dur, éprouvant, parfois avec un côté horreur. C'est un mélange des genres qui nous donne quelque chose d'inattendu et intéressant à découvrir. J'aurai du mal à classer ce roman tant il est différent tout ce que j'ai pu lire jusqu'à présent. Il est à la fois moderne et vieillot. Il a ici un côté vie simple à l'écoute de la nature avec ses limites et le modernisme obtus : dans le sens où les gens pensent qu'il n'y a rien de mieux et que tout le reste n'est que fadaises. L'auteur nous montre bien que rien n'est aussi simple.

La lecture d'Emmanuel Dekoninck est prenante. Il sait donner le bon aux différents moments du récit.